Latrines

Publié le par Lionel Droitecour

... Mais la nuit, palpitant de toutes mes chocottes...

... Mais la nuit, palpitant de toutes mes chocottes...

C’était une cabane, haute, sur pilotis,
Voguant sur une mer de merde, au bord d’un pré…
En la baraque en planches m’attendait la peur :
Enfer des cabinets, comme une île démente

Où ma honte habitait. La lumière, clémente,
Au jour, me rendait fort, ou plus brave, ou meilleur,
Et, stoïque dans les clartés, j’osais, de près
Narguer le monstre hideux que j’y croyais tapi.

Mais la nuit, palpitant de toutes mes chocottes,
À l’avare lueur d’une lampe de poche,
Misérable enfançon promis à la terreur,

Comme le condamné alors que sonne l’heure,
À mi-chemin, pauvret, vaincu par la pétoche
Misère ! Quelquefois, j’ai fait dans mes culottes…

février 2006

(extrait de  mon recueil "L'arbre du vent")

 

Publié dans Autobiographie, Souvenirs

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Avisferrum 13/04/2018 16:19

Ah... L'Arbre du Vent...magnifique recueil, qui devrait être un best-seller en Creuse mais aussi ailleurs !

Je ne me souvenais plus de cette prenante description des latrines, on a vraiment l'impression de vivre la terreur de l'enfant face à ce "monstre hideux qui y semblait tapi"...

On est loin de la bue-colique "Cabane au fond du jardin" de Francis Cabrel (revisitée par Laurent Gerra) : https://www.youtube.com/watch?v=i_Yk-RmyJ2s

Ci-après les paroles de ce chef d’œuvre de scatologie verte : :-)

Ma cabane au fond du jardin
Moi j'y vais quand j'ai besoin
C'est un charmant petit trou
Tout entouré de cailloux
Y a des mouches qui bourdonnent
Des abeilles qui fredonnent
Y a pas de tout à l'égout
Alors on fait sur les cailloux

C'est un charmant petit coin
Ma cabane au fond du jardin

Elle trône tout au bout
D'un chemin plein de cailloux
Y a un arbre juste à côté
C'est pratique pour s'essuyer
Si c'était un acacia
Avec les feuilles on pourrait pas
Elles sont bien trop petites
Et les épines, ça irrite

Même les dames l'aiment bien
Ma cabane au fond du jardin

Accroché au clou rouillé
Y a du journal déchiré
Et quand on est constipé
On le lit pour patienter
Pour se laver le derrière
On file jusqu'à la rivière
Elle est pleine de cailloux
Qui dansent dans les remous

Elle est belle comme le matin
Ma cabane au fond du jardin

Ma cabane au fond du jardin
Je lui dois tous mes quatrains
Dès que j'y pose mon bronze
Immédiatement je compose
Mais ce coin de paradis
Un jour ou l'autre sera détruit
Et je ne reverrai plus
Ses belles planches vermoulues

Elle sera l'objet de mon chagrin,
Ma cabane au fond du jardin
Et même si on la détruisait,
Je l'aimais, je l'aime, je l'aimerai