Baladin d’idéal

Publié le par Lionel Droitecour

Pablo Picasso, (1881-1973), Une mère et son fils

Pablo Picasso, (1881-1973), Une mère et son fils

Pour marquer les quatre années d'existence de mon blog, chaque jour de mars 2018,
je publierai deux poèmes, le second étant une réédition de l'un de ceux
publiés en mars 2014. Le choix de ce dernier sera celui du cœur...
Ces baladins, 
œuvre de Pablo Picasso vers 1904 ou 1905 sont aussi dénommés : une mère et son enfant. Ils sont habités, l'une comme l'autre, par une infinie tristesse, qui transperce le cœur. Leur repas, frugal, est achevé, leurs regards s'évitent. C'est le portrait de la misère.

Ce corps est mon pays, je n’ai d’autre patrie,
Une terre donnée, qui ne m’appartient pas,
Le ciel qui le contient en songe le trépas,
Et je n’ai d’autre issue que l’humaine fratrie.

J’ai déserté, hier, la berge de l’enfance,
J’avance en ma contrée sans espoir de retour,
Il est une échéance dans la fin du jour :
La nuit, qui m’ensorcelle, en connait la fragrance.

Je me heurte souvent au rebord de moi-même,
En cette infinitude où sont mes rêveries,
Paroles déboutées aux phrases que je sème.

Et je grave, obstiné mon labour en ces vers,
Ces rimes excavées où je fais jongleries,
Baladin d’idéal d’un astre à son revers.

avril 2012

 

Publié dans Résilience

Commenter cet article