Le livre vermeil

Publié le par Lionel Droitecour

... S’éveille en Montserrat, phénix ressuscité, / L’antique Imperayritz en l'éclat de l'enfance....

... S’éveille en Montserrat, phénix ressuscité, / L’antique Imperayritz en l'éclat de l'enfance....

Pour marquer les quatre années d'existence de mon blog,
chaque jour de mars 2018, je publierai deux poèmes,
le second étant une réédition de l'un de ceux publiés en mars 2014.

Le choix de ce dernier sera celui du cœur... Et le "Livre vermeil"
est particulièrement cher à mon cœur : lancez la vidéo,
puis lisez-le en vous laissant guider par l'âpre douceur des flûtes
...

Deux flûtes, dans le grave, implorent la musique,
Source et, pareillement, séculaire rumeur ;
Fragment d'un manuscrit préservé dans le cœur
D’un garçon catalan à la voix aigre-douce.

Telle, entre deux moellons, une herbe folle pousse,
Cette humble fleur de chair croît sous l'arche de pierre
Pour conquérir l’espace, un peu comme le lierre
S'élabore au printemps d'une liane mystique.

Et le chant diaphonique, exhalé du silence,
Vibre du chœur humain, pétri d’éternité,
Vestige renaissant en ces doubles prémices.

Alors, enluminure épousant ces esquisses,
S’éveille en Montserrat, phénix ressuscité,
L’antique Imperayritz en l'éclat de l'enfance.

février 2008

Imperayritz De La Ciutat Ioyosa, fac simile du manuscrit du Livre Vermeil

Imperayritz De La Ciutat Ioyosa, fac simile du manuscrit du Livre Vermeil

Ce que ne dit pas Wikipedia, c'est que, passant par là, durant l'hiver 1811-1812, c'est la soldatesque de Napoléon qui pille puis incendie le monastère de Montserrat, où était conservé le livre vermeil.

Celui-ci, qui doit son nom à sa reliure en velours rouge, réalisée au XIXe siècle, n'échappa à cet autodafé que grâce à la curiosité d'un érudit, le Marquis de Lio, président de l'académie des belles lettres de Barcelone auquel il avait été prêté.

Cette musique intemporelle fut ainsi sauvée de la stupidité guerrière pour parvenir jusqu'à nous, véritable éclat d'éternité préservé dans la voix d'un enfant.

L’interprétation ci dessus, qui m'inspira bien des années plus tard un poème, est celle qui me l'a donné à entendre pour la toute première fois, vers la fin des années 1970. Elle est l’œuvre de  l'Escolania de Santa Cruz del valle de los Caidos, et de l'Atrium Musicae, placés sous la direction d'ensemble de Gregorio Paniagua.

Marcial Moreiras, Fidula, Viole discantus,
Gregorio Paniagua, Viole ténor,
Cristina Garcia, Orgue positif, Régale, Flûtes,
Mariano Martin, Flûtes,
Carlos Paniagua, Vièle à roue, Flûtes,
Eugenio Urbina, Luth,
Carmen Paniagua, Harpe gothique,
Javier Coello, Vihuela,
Eduardo Paniagua, cloches, percussions

En ces temps déjà révolus, les interprétations sur instruments anciens n'étaient pas légions et le Livre Vermeil point encore devenu le « best seller » incontesté des musiques médiévales

Sur la pochette du disque microsillon Erato STU 70695, on lisait ces mots :

Note : Cet enregistrement a été réalisé au Monastère de Santo Domingos de Silos... Les techniciens n'ont pu éviter que l'on entende parfois le chant des nombreux oiseaux qui peuplent cet endroit paisible. Nous espérons que cela ne gênera pas l’audition commode de la musique enregistrée.

Fac simile de l'étui du disque microsillon Erato STU 70695 / Editions Costallat / 1972

Fac simile de l'étui du disque microsillon Erato STU 70695 / Editions Costallat / 1972

Publié dans Musique

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Angeline 02/03/2018 21:07

j'aime me promener sur votre blog. un bel univers très intéressant. mon blog sur pseudo. à bientôt.

alain l. 02/03/2018 12:08

Salut Lionel ... Belle initiative que de remettre à jour d'anciens poèmes ;-) ...
Alors voilà ce que je te propose ... Puisque tu es le Poète Invité du Printemps des Poètes du Réveil son Espace te sera ouvert ... Comme cela tu seras vraiment présent via le Web ...
Donc je te propose de reposter , les 17 18 et 19 mars un des 2 poèmes que tu as publiés ce jour-là ... et que tu auras choisi de nous faire partager à cette occasion ... Ça peut bien sûr être un ancien poème ... ou un qui n'a jamais été publié sur Les vieilles lettres ...

@t
alain