Miette d’amour

Publié le par Lionel Droitecour

Miette d’amour

À coté de mézigue, assise sur un banc,
Comme fleur de printemps aux abords d’un chardon,
Pâle, fraîche, jolie demoiselle de cœur,
Elle m’a quémandé, d’un sourire, un crayon.

Ainsi vient au matin, parfois, un pur rayon,
Le soleil y échauffe une éternelle ardeur,
On serait prêt à voir, au ciel, luire un pardon,
Et l’avenir alors, nous semble ouvrir le ban.

Belle fille, je sais qu’un autre te sourit,
Qu’il est un amoureux auquel ton cœur écrit,
Mais enfin, truchement, une mine donnée,
Offerte de bon cœur, m’associe à ta joie.

À l’âge de la vie où tout vibre et flamboie
Répond, morne, l’automne où l’œil, emprisonné,
Partout voit le bonheur qui chante et se récrie :
D’une miette d’amour alors, on se nourrit.

Je ne fus à tes yeux que cette ombre, un instant,
À ton jour éclatant projetant son haleine ;
Ce crayon, en tes doigts, la page griffonnée,
Emportant de mon âme une infime clarté.

Et cela, entre nous, comme un bref aparté,
Musique sur mon cœur, intime, résonnée :
J’en suis tout irradié d’une courbe sereine,
Éclat d’éternité dans la course du temps.

juillet 2012

Publié dans Amour

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