Paraphrase d’Hamlet

Publié le par Lionel Droitecour

... To be or not to be, that is the question ...

... To be or not to be, that is the question ...

Pour marquer les quatre années d'existence de mon blog,
chaque jour de mars 2018, je publierai deux poèmes,
le second étant une réédition de l'un de ceux publiés en mars 2014.
Le choix de ce dernier sera celui du cœur...
On préfère ramper / Sous les maux que l’on sait / Plutôt que de verser,
Improbables orées, / Vers la rive ignorée / Dont on ne connait rien."
Tentative de paraphrase (plutôt que de traduction) parce que Shakespeare, c'est génial.

Etre ou bien n’être pas,
La question est bien là ;
Est-il plus noble de souffrir,
En esprit, de se contrir
Des flèches acérées
D’une fortune outrée ;
Ou bien de s’armer contre
Une mer de rencontre,
S’opposer et férir
Sans crainte du périr ?

Est-ce plus que dormir,
Mourir ? En ce dormir
Est-il enfin remède
Au mal qui nous possède,
Aux milliers d’embruns
Du cœur, en son chagrin,
Aux consomptions d’un corps
Consumé de remord ?
Certes, c’est là désir
Où l’on voudrait gésir.

Mourir et puis dormir…
Hélas voir survenir
En ce sommeil de mort,
Peut être, un rêve, encore ?
Ah, c’est là qu’on achoppe !
La mort en son échoppe
Donne-t-elle repos
À nos cendres, nos os,
Après l’amer trépas,
Ne nous trahit-elle pas ?

Bien sûr en cette crainte,
En si longue contrainte
On supporte le joug
Dont la vie nous déjoue !

Ainsi endure-t-on
Les rigueurs, l’oppression,
L’infortune des temps
La superbe des grands,
La perte de l’amour,
Les lois et leurs débours,
Le mérite déçu
Par l’insolent repus
Quand on pourrait soi-même
Trancher ce fil suprême
Apaisant d’une lame
Les tourmentes de l’âme !

Gémir sous le fardeau
Et suer à grande eau
Au labeur du parvis
Où la vie nous convie ;
Ne pas tenter un sort,
Au-delà de la Mort,
Inconnaissable ailleurs
Dont aucun voyageur
N’est jamais retourné,
Voilà pour détourner
L’esprit le mieux trempé.

On préfère ramper
Sous les maux que l’on sait
Plutôt que de verser,
Improbables orées,
Vers la rive ignorée
Dont on ne connait rien.

Conscience nous retient,
Voici ce qu’elle fait de nous
Des couards, et de nous tous ;
Sont nos belles résolutions,
Affadies, mortes sous nos fronts,
Nos grandes entreprises
Y sont parties remises
Nos gestes, par raison
Perdent le nom d’action.

août 2011

 

Publié dans Paraphrase

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