Tuuti tummaistani

Publié le par Lionel Droitecour

Eugène Carrière, (1849-1906), L’enfant malade, détail

Eugène Carrière, (1849-1906), L’enfant malade, détail

Pour marquer les quatre années d'existence de mon blog, chaque jour de mars 2018,
je publierai deux poèmes, le second étant une réédition de l'un de ceux
publiés en mars 2014. Le choix de ce dernier sera celui du cœur...

Ainsi que bien d'autres parmi les poèmes publiés ici, la musique en est source d'inspiration première. Dans ce cas une berceuse funèbre qui s'en vient accompagner un enfant mort, appelé à rejoindre l'éternité, au royaume des enfants sans pleurs...

( Berceuse funèbre de Finlande )

Tuuti, tummaistani, dors, bel enfant des ombres,
Mon enfant de la nuit dans ton triste berceau,
Entend la mélopée du chant de mon remords,
Là, devant l’âtre éteint d’où s’enfuit ta lumière.

Tuuti, tummaistani, ainsi va ma prière,
Dors mon enfant chéri dans les bras de la mort,
Du bois de ton cercueil, j’aurais fait un cerceau,
Dors au berceau funèbre au sein des terres sombres.

Tuuti, tummaistani, les enfants de la nuit
T’accueillent désormais au royaume sans pleurs,
Les filles, les garçons y chantent dans le vent
La berceuse oubliée des enfants du néant.

Sur mon âme blessée, là, sur mon cœur béant,
Aux ailes du chagrin, sur mes chemins, souvent,
J’irai, le pas songeur, cherchant parmi les fleurs,
Celle qui fanera sur ma tombe d’ennui.

Ton visage de cire, ainsi, tummaistani,
S’éveillera demain parmi les ombres chères,
Les mères de la mort, quand même sans couleur,
Ont douce main légère au front des petits pages.

Et, sage parmi eux comme sont les images,
Oublie mon ange heureux le chant de ma douleur,
Sur mes lèvres le chant de mes peines amères,
Tuuti lasta tuuti, tuuti, tummaistani.

mai 2012

Publié dans Musique

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