La ligne de fuite

Publié le par Lionel Droitecour

San Saba, Rome, fragments d'une fresque du XIIe siècle

San Saba, Rome, fragments d'une fresque du XIIe siècle

Fragments, sommes nous sommes où regard se pose
En nos diversités éparses dans le vent :
Je suis n’existe pas, c’est bien plutôt je sommes
Qu’il faudrait proclamer dans le désert des hommes.

Et, multiplicité rassemblée par le doute,
On erre en son paraître ainsi qu'une déroute,
On se dupe, on se ment, on se cherche souvent,
Et malgré soit, hâbleur, on triche et prend la pose.

Mais sait-on ce qu’on laisse en sa ligne de fuite,
Lorsque en le soir renaît ce songe parasite
Que l’on faisait jadis, avant que d’exister ?

Il reste le discours pour tenter de pister
Cette béance nue, échancrée par le jour,
Que le poète prend pour intime séjour.

mai 2011

Publié dans Névrose

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Avisferrum 09/05/2015 11:21

Incompréhensible que je l'avais raté, celui-là !
"On se dupe, on se ment, on se cherche souvent,
Et malgré soit, hâbleur, on triche et prend la pose.
Mais sait-on ce qu’on laisse en sa ligne de fuite,
Lorsque en le soir renaît ce songe parasite
Que l’on faisait jadis, avant que d’exister ?"
C'est beau, c'est grand et va merveilleusement avec "Do Not Stand At My Grave And Weep" que je réécoute en même temps.
Moments inoubliables sur ton blog, je m'incline avec respect devant le poète et son œuvre et te serre dans mes bras avec émotion... même si physiquement tu n'es pas présent.
Merci !

Lionel Droitecour 10/05/2015 10:42

Merci en retour mon cher Avis, tes avis me touchent. Au delà du compliment, je retiens la complicité et la communauté d'esprit.
Pour le reste, nous en resteront pudiquement à l'échange de regard, lors d'un prochaine rencontre...

Bibifricotin 12/10/2014 19:31

Ah que voilà un poème que je qualifierais volontiers de "définitif" (et diablement beau) !
Il sied parfaitement à mon état d'âme du moment. Merci à l'auteur pour cette opportune coloration de l'instant...

Lionel Droitecour 12/10/2014 22:13

Tous mes poèmes sont définitifs. C'est pour ça que je continue à en écrire...