Mécanique du vide
1.
À l’horloge arrêtée, ce matin, de bonne heure,
J’ai réécris le temps, au pas du balancier,
Avec une clé d’or. Lors ce maître assassin
À repris sa marée sur ma vie qu’il déprend.
En cet étrange essor de rouages, de crans
Où bruit, de mon tempo l’improbable dessein,
Je sais qu’il se consume, mon échéancier,
Et qu’un huissier demain, viendra saisir mon cœur.
Pourquoi remontes-tu la pendule mortelle,
Obstiné à chercher un rythme pour tes pas,
À contraindre ta voix que le doute constelle ?
La trotteuse sans fin entonne un requiem
Et la cène s’apprête à ton dernier repas :
La parque au vieux Caron en chante le quantième.
2.
Pauvre fou qui te lève en l’instant dérisoire
Pour te faire valet dans l’espoir d’une dîme,
Et, machine à produire en l’escorte du mal,
T’en vient quérir la mort comme fruit de ton art !
L’espèce humaine croît en détruisant sa part :
Il n’est point de sagesse au désir animal
Et le profit se love, en inepte maxime,
Entre la chair et l’os de notre périssoire.
Eh, naufragé, pourquoi t’obstines-tu à rompre
En ton canot la bonde et ton dernier recours
Avant que le néant ne vienne tout corrompre ?
L’horizon n’est qu’un leurre et la route une ornière
Il n’est devant l’écueil pas le moindre secours
Et l’horloge arrêtée n’est qu’un peu de matière.
octobre 2011
