Au bord de l’infini

Publié le par Lionel Droitecour

Govaert Flinck, (1615-1660), Vertumne et Pomone

Govaert Flinck, (1615-1660), Vertumne et Pomone

Pauvres sommes de chairs, en chaire et en esprit,
Nous, hommes, sommes pairs du monde en son débris,
Dans toutes nos facondes sonde un cœur meurtrit
Et passe en la seconde en chaque bonde, un prix.

Nous payons sans histoire ainsi qu’on fait crédit,
Du fond de la mémoire une moire médit,
Aux instances des stances sont, ivres non-dits,
Les songes en partance où l’âme à son dédit.

Ainsi le sang parcoure un sombre discrédit,
En nous, artère ou veine, un sens en vain prédit,
Flux et reflux, marée d’un sort qui nous maudit.

En la berge nocturne, ainsi qu’il nous en prie,
Charon, l’appariteur de la mort, incompris,
Nous mène sans remord au bord de l’infini.

novembre 2013

Publié dans Spiritualité

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