Où sont tous nos chemins

Publié le par Lionel Droitecour

Où sont tous nos chemins

Librement, sans apprêt, rythmer une cadence,
La musique des mots, subtile contredanse,
Cache ses oripeaux parmi les vers anciens,
Sa mesure en échos qui soient pareils aux siens.

Ici le concerto n’appelle le soliste,
L’harmonique en son sein, légère, préexiste,
Et ce n’est qu’un réveil au surcroit du tempo,
Dont l’agogique meut la trame, sans repos.

La muse, en ces élans, ne saurait se contraindre,
L’archet, au chevalet, vient doucement se joindre :
Ici  n’est pas le lieu des extases joyeuses,
Mais des pavanes tendres et mystérieuses.

Voici l’état latent que ma paresse implore,
Villanelles et luths que mon âme colore ;
Passacaille s’enlace en l’austère concours
Où ma basse, obstinée, continue ses parcours.

Comme les grandes orgues chantez chœurs humains,
Vastes polyphonies que sont tous nos chemins,
Et dans l’espace, enfin, de l’orchestral néant,
Fuyez, tous mes chagrins, je vous laisse, céans !

avril 2013

Inozzenzo Alberti (1535-1615), pavane et gaillarde par Hespérion XXI sous la direction de Jordi Savall

Publié dans Musique

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