Trajectoires

Publié le par Lionel Droitecour

La comète Lovejoy vue depuis la Terre

La comète Lovejoy vue depuis la Terre

Nous sommes un acmé dans la course des heures,
Paraboles outrées, ignorantes du lieu
Où finira la course. Lancés, naguère, ainsi
Nous montons vers la cime en ce bref apogée

Qui nous verra descendre. Et notre vie ressemble
Aux gares de triage, à ces routes de fer
Qui se croisent soudain, avalées, comme un songe,
Par la machine folle qui file dans la nuit.

On croit la diriger alors qu’on est conduit,
Foule d’individus besognés par le rêve
Des vaines libertés, édictées par la loi.
Chaque jour, inconscient, dans les pas de la veille

On reporte ses pas, mécaniques humaines
Liées par l’habitude et les nécessités.
Mais l’esprit s’ankylose en la croûte de peau,
Ce tendre cuir, sur nous, perméable à la mort,

Étrangement, pourtant, impénétrable au verbe
Épandu parmi nous et dans chaque interstice.
Dans les airs, en l’espace, aux regards partagés,
Dans ces moments furtifs où les âmes se parlent,

Il éclaire les cieux où fuit notre sillage.
Pareils à la comète habitante du vide
Qui frôle en son parcours l’étoile incandescente,
Nous pleurons notre glace en un désert sans fond.

Là haut, dans les éthers nous regardons la trace
De l’étoile filante et, comme en un miroir,
Nous ressassons nos doutes, passants d’infini,
Comme cet astre éteint révélé à nos yeux.

janvier 2006

Publié dans Spiritualité

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