Vers le calme des cieux

Publié le par Lionel Droitecour

Vers le calme des cieux

Le poème en son rythme et sa rime doublée,
Est l’essai de se rendre à son altérité,
Conversant avec soi aux trames de l’aurore,
L’inconscient se dévoile et longuement pérore.

J’en ai fait l’exercice de ma solitude,
En cette demi veille est ma sollicitude,
Il nait, dessous mes doigts avec célérité,
Miroir irréfléchi d’une moire troublée.

Ainsi progresse en vain, de cette onde sonore,
L’ambitus ajouré de mon ambivalence,
Au doute de l’ego sais-je ce que je suis,
Ce qui demeure en moi, vague, et que je poursuis ?

Est-ce une vérité habillée d’un mensonge,
L’imprécise rumeur en l’oripeau d’un songe,
Fragrance évaporée sans autre équivalence
Qu’une réminiscence aux berges que j’ignore ?

En l’interrogation de ma forme solaire
La nuit demeure intacte en d’obscures clartés,
Je sais, dans l’ombre exacte où demeure ma peine,
Une chambre d’écho pour ma rive sereine.

Ainsi vont mes débords où le vers a son lieu,
Je suis ce qui chemine en l’étrange milieu,
Tout à la fois perdu en sombres apartés
Et multitude hardie aux pentes du calvaire.

Une stance me guette en l’infini précieux,
Mon scepticisme est grand mais empli de confiance,
Puisque le verbe est là nulle parole est vaine,
Ma parabole chante en l’aube souveraine.

Et, dans l’indécision qui pétrit mon argile,
Je demeure aux aguets ferme en cette vigile,
À la muse inconnue mon âme se fiance,
Et mon œil est tourné vers le calme des cieux.

novembre 2013

Publié dans Autobiographie

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