Au sinistre faquin

Publié le par Lionel Droitecour

... Qu’as-tu fait de ton rire, où ton bonheur, jadis, dupait le noir corbeau, que tu bafouais, ainsi ...

... Qu’as-tu fait de ton rire, où ton bonheur, jadis, dupait le noir corbeau, que tu bafouais, ainsi ...

Tu n’es pas gai, l’ami. Si ta rime est loquace,
Ton verbe, plein de rides, fleure le tombeau.
Où sont tes arguties et tous ces à peu près,
Jeux de mots, calembours en double homonymie ?

La joie, en ton sein lourd sans cesse s’anémie,
Qu’as-tu fait de ton rire, évadé de ces près
Où ton bonheur, jadis, dupait le noir corbeau,
Que tu bafouais, ainsi, d’une habile grimace ?

Naguère je t’ai vu propice à te moquer
De ton propre chagrin, en habit d’arlequin,
Multipliant l’écho dans la livrée du vers.

Craindrais-tu, désormais, morsure des hivers,
La froidure du gel, ce sinistre faquin,
Blafard accablement qui nous vient défroquer ?

décembre 2013

Publié dans Calembours

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