Horlogerie

Publié le par Lionel Droitecour

Paul Cézanne, (1839-1906), Nature morte à la bouilloire

Paul Cézanne, (1839-1906), Nature morte à la bouilloire

C’est au fond des vielles maisons
Qu’on entend l’âme des horloges,
Y vaquent, lors, à petits bruits
Où, plus encor, bat le silence.

Tiquent, taquent à leur semblance,
Natures mortes aux beaux fruits,
L’ennui, la gêne font leurs loges
À leurs funestes oraisons.

Quand parfois passe un chœur d’enfant
En ce royaume des grand-mères,
Des ris culbutent, édifiants,
Le temps qui passe en robe austère.

On leur dit « veux-tu bien te taire ! »
Ils n’écoutent rien, ces ruffians,
Les filles, s’amusent, commères,
Les garçons font ce qu’on défend.

Et vieilles gentes, étourdies
Par ce ménage d’un instant,
Invoquent le dieu des hosties,
Patenôtres vont, murmurant.

Mais dès qu'ils partent, en courant,
Marmots aux tendres arguties,
L’horloge revient en boitant
Trancher les heures affadies.

avril 2011

Publié dans Le temps

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Luma 28/08/2014 21:51

SUBERBE!

Luma