Supercherie

Publié le par Lionel Droitecour

Théodore Géricault, (1791-1824), Portrait d'une femme folle

Théodore Géricault, (1791-1824), Portrait d'une femme folle

Elle s’engueulait seule avec le monde entier,
Lançant l’imprécation au milieu de la foule.
Pour qui son ire outrée ? À qui s’adressait-elle,
Flamme dardant son fiel où tant d’autres se taisent ?

Autour, on s’écartait. Ainsi les gentes biaisent
Quand une âme détonne en l’ample ritournelle,
Là, dans le matin gris, comme une morne houle,
Dans un quotidien d’une aune ou d’un setier.

En telle outrance git notre bizarrerie,
Borne à l’insoumission, impossible scandale,
Et la gêne est palpable où un vain cœur s’épanche.

Pareil à un sanglot que nul espoir n’étanche,
Ce cri trouve un écho aux portes du dédale
Où sonne, affreusement, notre supercherie.

janvier 2014

Publié dans Portrait

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