Les larmes d’équinoxe

Publié le par Lionel Droitecour

Albert Hartweg, aquarelle, St Benoît des Ondes

Albert Hartweg, aquarelle, St Benoît des Ondes

La bourrasque d’hiver a balayé les plaines,
Pillant, sur l’arbre nu, une ultime dépouille.
La rue, nette de froid, en jonchées s’éparpille,
Où l’ondée, dans ses murs, délave ces débris.

Aux loques déchirées de ses nuages gris
Le ciel semble mirer l’asphalte qui scintille,
Et l’âme se rencogne où la bise se mouille
En l'humide rancœur des marées incertaines.

Aux larmes d’équinoxe il pleure, en ce jour blême,
Un vain rêve d’azur où, dans le soir latent,
La lumière s’éteint sur ma main qui griffonne.

Et mon cœur, doucement, qui ne bat pour personne,
En ce silence amer, pareil au charlatan,
Inscrit une espérance aux marges du poème.

janvier 2007

Publié dans Art poétique

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damiax 16/09/2014 21:46

beau et touchant celui-là ...