Suées de l’amertume

Publié le par Lionel Droitecour

... En nos brisants, toujours, délavés par l’écume, les marées vont frapper, comme un fer sur l’enclume ...

... En nos brisants, toujours, délavés par l’écume, les marées vont frapper, comme un fer sur l’enclume ...

Je sais des soirs anciens, dont la ventée s’embrume,
Où le volet qui bat rythme de contredanses
L’ennui qui s’en revient, de ses mornes cadences,
Déposer à nos yeux les suées de l’amertume.

En nos brisants, toujours, délavés par l’écume,
Aux berges de nos vies, exposées aux embruns,
Affleurement, soudain, à nos cœurs incertains,
Les marées vont frapper, comme un fer sur l’enclume,

Toujours en mêmes heurts, toujours la même chaîne.
Et dans cet entre-deux qui noie le crépuscule,
Devant un luminaire que nous n’allumons pas,

Nous songeons à la vie comme on songe au trépas,
Désemparé et nu, absurde et minuscule,
Face au néant ouvert qui bée sur notre peine.

avril 2007

Publié dans Sensation

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