Brassées de l’autan

Publié le par Lionel Droitecour

Brassées de l’autan

En mon futur il est une impassible borne,
Je la vois, devant moi, sans même en tressaillir,
Elle est de marbre noir, ou d’ébène peut-être,
Elle semble le deuil au mitan de la vie.

Ombre parmi les ombres, sombre, elle convie
L’attelage du corps et de l’âme, sans maître,
Aux contrées désolées d’où rien ne peut jaillir,
Javelles des moissons germées sous le ciel morne.

Et j’écoute en mon sein battre ce chœur latent,
Marées sur un estran qu’ensable l’équinoxe,
Semé d’épaves nues qu’enchevêtre le vent.

J’y ai porté mes pas amers, et, bien souvent,
Cultivé le remord d’un mortel paradoxe,
Passant mélancolique aux brassées de l’autan.

juin 2014

Publié dans Fongus

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