Froidures

Publié le par Lionel Droitecour

... Épouvantail en robe blanche, Aussi lunaire qu’un Pierrot ...

... Épouvantail en robe blanche, Aussi lunaire qu’un Pierrot ...

Quand l’hiver mouche leur dédain,
Ployant l’échine des forêts,
Les bouleaux font la révérence,
Leur cime affleurant le coteau.

Tout est pur comme le cristal
Aux froidures du jour venteux ;
Figé, le gel acéré sème
Sa roideur calme, froid manteau.

L’air épouse son blanc visage
Qu’il empanache de vapeurs ;
Le nez rouge, la bouche fraîche
Fument comme des cheminées.

Épouvantail en robe blanche,
Aussi lunaire qu’un Pierrot,
Esseulé, bonhomme de neige
Rêve une rive immaculée.

Tel un arctique pétrifié
Remémorant les jours anciens,
Les paysages, congelés,
Givrent un cœur qui se souvient.

janvier 2006

Publié dans Sensation

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Ironbird 21/10/2014 12:49

Brrr... Ça me rappelle que je n'aime ni le froid, ni l'humidité !
Mon âme (et mon corps très certainement aussi) aspirent à des contrées où il fait éternellement beau et chaud, où une petite brise parfumée de mille senteurs caresse nos visages et où tous les soirs on sirote son petit verre en admirant un émouvant coucher de soleil... ça existe, ça, sur terre ??
Sans doute pas sous la forme idéalisée dont je rêve, tout n'est qu'imitation, ici-bas ! :-)

Ironbird 21/10/2014 14:10

Ah... Une fois de plus je ne puis que m'incliner devant ta sagesse, cher ami -- bon, j'ai quelques cm de trop, ça ne fait pas de mal de s'incliner de temps en temps ! :-D
Ceci dit, si ce que tu dis est bien sûr vrai, je crois quand même que sous nos latitudes la saison humide et/ou froide est quand même un peu trop longue, de plus ce printemps qui dans mes souvenirs d'enfant était si doux et ensoleillé me semble de plus en plus perturbé, ne parlons pas de l'été qui n'en a plus que le nom !
Mais je sais bien que le premier pas vers la libération est l'acceptation de ce qui est, c'est pourquoi je reste lucide quant à mes rêves de paradis idéal ! :-)

Lionel Droitecour 21/10/2014 13:36

Certes, mais aurait-on le même plaisir à retrouver le printemps et ses promesses, ses floraisons et ses parfums, si toutes les saisons étaient identiques ? Un long été, sans hiver pour en souligner la canicule, aurait-il la même saveur ?
J’ai quelques doutes à ce sujet. Je me rappelle ce collègue qui devait partir pour une mission de trois ans en l’ile de la Réunion, et qui allait auparavant, comme en pèlerinage, au Champ-du-Feu pour se rouler dans la neige... Il me raconta plus tard que là-bas, toute l’année le jour se termine à la même heure.
Adieu, les longues soirées d’été où le crépuscule s’étire à n’en plus finir avant de baisser pavillon devant la nuit...
Pas plus que toi, je n’aime le froid ni l’humidité, mais je les supporte, néanmoins, puisque les premières brumes d’automne sont le passage obligé vers les timides primevères.