Chronos

Publié le par Lionel Droitecour

Portrait du Fayoum

Portrait du Fayoum

Chronos est un dieu pâle, attentif et serein,
Qui dessine à grands traits sa sombre perspective
Et barbouille à la craie, en de grasses couleurs,
Les visages cardés à l'aube des grands deuils.

Et il danse, macabre marionnette, aux seuils
De ces éternités où sombrent les rumeurs
Des vies qu'il a brisées, et sa bouche invective
La vieillesse vaincue, décharnée par sa main.

Dieu sinistre, voici, ton œuvre délétère
Mène, au jour mensonger, le rythme précieux
D'un cœur plein d'espérance au bord du tombeau froid.

Fosse qui s'ouvre et plonge au profond de l'effroi
L'âme qui se défait, à l'instant des adieux,
Des vaines illusions versées dans ton mystère.

janvier 1992

Publié dans Le temps

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