Le diable

Publié le par Lionel Droitecour

Albrecht Dürer, (1471-1528), Le chevalier, la mort et le diable (détail)

Albrecht Dürer, (1471-1528), Le chevalier, la mort et le diable (détail)

Incarné devant moi j’ai vu le diable, un soir.
Je l’avais invité, comme à l’accoutumée,
Dans cette solitude où est ma vanité.
Il avait de l’allure, une fine élégance,

Ni cornu, ni velu, puérile extravagance
Dont le pare, dupée, l’insane humanité.
Il me ressemble au vrai, silhouette costumée
D’acerbe pessimiste et morne désespoir.

Son verbe est distingué, mais c’est par le silence,
Subtile politesse en nos dérélictions,
Que nous savons le mieux échanger nos déroutes.

Tel le miroir sans tain où se froissent mes doutes,
Il pleure si je ris et rit de mes pulsions,
Part inversée de moi où se meurt l’innocence.

novembre 2005

Publié dans Névrose

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