Novembre incongru

Publié le par Lionel Droitecour

Mais, pour l’heure, il fait bon, la vie semble facile, et les arbres en feu nous couvrent de corolles.

Mais, pour l’heure, il fait bon, la vie semble facile, et les arbres en feu nous couvrent de corolles.

Parfois une douceur, en plein cœur de l’automne,
Evoque le printemps dès avant la froidure.
Malgré des frondaisons la jonchée monotone,
Lors, rêvons d’alizés dans la lumière pure

D’un novembre incongru que le soleil réchauffe.
Le promeneur badin, l’enfance aux cabrioles,
L’énamouré transi, le poète en sa strophe ;
Tous viennent aux jardins, en ces mitans frivoles,

Dans la grâce d’un jour peuplé de fariboles.
On sait bien que l’hiver ne nous lâchera prise,
Qu’en ses brumes, tantôt, en rôdeur versatile,

Il prendra sa revanche et dira son emprise…
Mais, pour l’heure, il fait bon, la vie semble facile,
Et les arbres en feu nous couvrent de corolles.

novembre 2006

 

Publié dans Sensation

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Ironbird 11/11/2014 21:15

Euh... Pardon de m'immiscer en ce savoureux dialogue, faites comme si je n'étais pas là ! :-)
J'ai bien aimé le "Novembre incongru" et aussi "La Nef des Songes" magnifique inspiration sur la nécessité de vivre le moment présent !
Certes toutes les promesses d'Eden et de Paradis mènent à l'illusion, pourtant combien de fois nous réfugions-nous dans nos mondes intérieurs, qui ne sont au final que des paradis - ou des enfers - de notre fabrication...
Pire encore lorsque nous nous immergeons dans l' Eden ou l'enfer imaginé par d'autres, en ce sens ton texte est très juste !

damiax 10/11/2014 08:08

Ouais enfin bon ... ce matin il pleut, il fait gris, on a la tête dans le fion et on est au taf', ... Du coup la vie semble quand même un peu moins facile que ta description idyllico-poétique ... ;)
Bon début de semaine l'ami !

Lionel Droitecour 10/11/2014 12:55

Certes, et c’est « irréfragable », tu pourras te vanter d’avoir été l’élément déclencheur de cet opus.
Le voici en version de concert, provisoirement définitive. Les exégètes auront ainsi de quoi se mettre sous la dent !

Nef des songes

Il n’y a pas d’avant, il n’y a pas d’après,
Tout n’est qu’en le présent dont nos cœurs sont diaprés ;
Les marchands de passé, les marchands de futur
Sont des bonimenteurs qui nous mènent au mur.

Au mur d’une idée morte où pointent des fusils,
Bondieuseries peinturlurées des vains surplis,
Poisseuse nostalgie pareille aux ossements
Blanchis sous l’impavide écho des firmaments.

Il importe surtout de vivre sans tarder,
D’un lendemain trompeur il ne faut se farder,
Eden et paradis sont de mêmes mensonges.

Fou celui qui s’embarque en cette nef des songes
Que l’idéal conduit, irréfragable outrage,
Au saccage où l’humain en l’homme fait naufrage.

Mais au fait, comment se fait-il que tu sois au taf, dans le staff, plutôt que dans le paddock, plus ad hoc à tes socques. Tu n’as donc point fait le pont, mon bon ?

damiax 10/11/2014 11:37

Bon ben, du coup ... trop content d'avoir "déclenché une inspiration" ... ;)

Lionel Droitecour 10/11/2014 11:03

Il faut aussi supprimer le "au" avant naufrage.
Décidément, it's a work in progress...

Lionel Droitecour 10/11/2014 10:58

j'aurai du me relire, il faut enlever le "nous" dans l'avant dernier vers.

Mais bon c'est les aléas du direct.

Lionel Droitecour 10/11/2014 10:56

Voici ma réponse, en vers à pieds :

Nef des songes

Il n’y a pas d’avant, il n’y a pas d’après,
Tout n’est qu’en le présent dont nos cœurs sont diaprés ;
Les marchands de passé, les marchands de futur
Sont des bonimenteurs qui nous mènent au mur.

Au mur d’une idée morte où pointent les fusils,
Les bondieuseries peintes d’absurdes surplis,
Poisseuses nostalgies comme des ossements
Blanchis sous l’impavide écho des firmaments.

Il importe surtout de vivre sans tarder,
D’un lendemain trompeur il ne faut se farder,
Eden et paradis sont de mêmes mensonges.

Fou celui qui s’embarque en cette nef des songes
Où l’idéal nous conduit, imparable au naufrage,
Au saccage où l’humain en l’homme a son outrage.

Lionel, 10 novembre 2014, vers 10h30, 10h 45 environ

Je publirai cela entre ces pages, quelque jour prochain...

damiax 10/11/2014 09:59

Wahouuu ! Un chef d'oeuvre de la poésie francophone du XXIème siècle griffonné sur un emballage de casse-dalle ... c'est-y-pas trop magnifique comme anecdote ça ^^
Ceci étant dit, je décele une petite pointe de "c'était mieux avant" dans ton commentaire, et du coup je m'inquiète à l'idée de t'imaginer avoir trop lu le dernier Zemmour pendant ta convalescence ... mouarffff !

Lionel Droitecour 10/11/2014 09:22

Certes mon cher, je n'en disconviens pas, il y aurai bien comme un léger décalage temporel... Ceci fut écrit le 15 novembre 2006, un mercredi, jour de taf, donc, et il est fort à parier que je l'ai griffonné à la hâte, entre midi et deux, au parc des Contades, sur un bout de papelard (peut-être l'emballage d'un sandwich ?), pendant la pause. Novembre 2006 fut-il plus clément que ne le sera novembre 2014 ?
La question reste posée...