Runes

Publié le par Lionel Droitecour

... Et puis toiser la mort en dessinant ses runes sur la terre, essaimées comme grains de hasard ...

... Et puis toiser la mort en dessinant ses runes sur la terre, essaimées comme grains de hasard ...

Inventorier la nuit de son verbe obsolète,
Crever le noir manteau dont se couvrent les jours ;
De ces trous de clartés nocturnes, sans regard,
Déciller le poison que sont bonnes fortunes.

Et puis toiser la mort en dessinant ses runes
Sur la terre, essaimées comme grains de hasard ;
Infime en l’infini, sans nul dieu ni recours,
Etre cet insurgé que le remord soufflète.

Dans le limon verbeux où l’absence va poindre,
Dans l’entre deux du sens où tracer sa lisière,
Déniaiser ce lourdaud que le néant vient oindre.

Ployer sous ce fardeau mais refuser de geindre,
Pour seul cri entonner le chant de la colère,
Et d’un ultime râle insulter la misère.

décembre 2006

Publié dans Spiritualité

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