Vouivre

Publié le par Lionel Droitecour

... J’erre comme un damné en te voyant survivre, telle une condamnée au regard de la vouivre.

... J’erre comme un damné en te voyant survivre, telle une condamnée au regard de la vouivre.

La nuit n’a pas suffit pour apaiser l’effroi,
Une fatigue mine, encor, mon désarroi,
Lourde, comme la veille où se tient notre angoisse,
Ces mots tus et ces maux, dol où le cœur se froisse.

Je veux croire, toujours, au chant de l’espérance,
Mais j’ai peur de te perdre et, l’âme en déshérence,
J’erre comme un damné en te voyant survivre
Telle une condamnée au regard de la vouivre.

Car ce hideux trésor qu’elle porte à son front
C’est ta vie, qu’elle épie, aux berges d’Achéron,
Pour me la dérober si je ferme les yeux.

Et telle une vigie harassée, dans les cieux
Désarmé, je questionne, incertain, de vains dieux,
Guettant l’heure où nos vies, hâves, se déferont.

mai 2010

Publié dans Fongus

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