Détail

Publié le par Lionel Droitecour

Une vue du camp de concentration nazi du Struthof, près de Natzwiller, en Alsace

Une vue du camp de concentration nazi du Struthof, près de Natzwiller, en Alsace

Il est, prés de chez moi, au fond d’une vallée,
Un lieu sombre et venteux où les pins se lamentent.
L’enceinte barbelée veille au camp du Struthof
Si, des baraquements, abattus par la honte,

Il ne subsiste, au sol, que l’emprise muette.
Mais l’on peut voir encore, aux portes de l’enfer,
La gueule de métal rouillée du crématoire.
Au-dessus, un « détail » qui m’a glacé le sang ;

Une réserve d’eau pour la douche des maîtres :
Ainsi Moloch s’échauffe au feu de sa fournaise…
Pouviez-vous vous sentir purifié par ce crime
Et qu’aviez-vous donc fait du sentiment humain ?

Et votre âme, au vestiaire, suspendue à un cintre,
Au blanchisseur nazi à l’uniforme noir
Comment la portiez-vous, en loques ou en haillons ?
Vous vous disiez surhommes, vous n’en étiez que l’ombre ;

Prédateurs assassins habillés par le meurtre !
Y preniez-vous plaisir en monstrueuse engeance
Incapable d'y voir, au delà de vos
œuvres,
La sanglante livrée des bouchers d’épouvante ?

mars 2007

Publié dans Citoyen

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Ironbird 21/02/2015 13:05

A propos du Struthof un collègue m'a raconté qu'un jour son beau-père, qui était en visite chez eux, avait émis le souhait d'aller voir ce camp tristement célèbre. La météo étant clémente ils avaient décidé de s'y rendre, lui, son épouse, leur fils de 4 ans ainsi que beau-papa.
Dans la voiture tout le monde conversait normalement, aucune évocation oppressante de leur lieu de destination, aucun évènement triste ou particulier ne vinrent troubler le trajet.
Arrivés sur le parking du camp ils sortirent de la voiture, quand soudain l'enfant fut saisi d'effroi, se mit à pleurer en disant qu'il avait peur, il ne voulait pas rester ici.
Pourtant la vue de cet endroit n'était pas particulièrement terrifiante, tout juste pouvait-on voir au loin quelques baraquements, mais malgré tous les arguments et tentatives de le raisonner sa peur ne diminua pas et tout ce petit monde fut obligé de remonter en voiture et quitter de les lieux, ce qui mit fin à l'angoisse du marmot.
Avait-il perçu des choses ou des formes que nos sens émoussés d'adultes ne pouvaient plus voir ?
Je laisse au lecteur le soin d'en décider...