Famine

Publié le par Lionel Droitecour

Jean Cocteau (1889-1963), La belle et la bête

Jean Cocteau (1889-1963), La belle et la bête

Ce sont préceptes vains où nous agonisons
Dans le fer des névroses. Cette bête veux boire,
Qui se repaît en nous du sang et des entrailles,
Passagers impuissants des essences amères.

Et nous buvons la coupe emplie de nos misères,
Déversées par nos soins au profond des entailles
Que fait, dans notre vie, cette obscure mémoire
Qui trace nos douleurs en rides sur nos fronts.

Au rocher de Sisyphe, et sans consolation,
Nous allons moudre un grain de manque et de famine
Lacérant notre cœur, misérable faction.

Alors, sempiternels, en oubliant de vivre
On ressasse sans fin notre propre saisine
En l’exploit qui nous grève à l’huissier qui nous livre.

Lionel, 29 août 2007

 

Publié dans Névrose

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