Le Beau-corps et le Narre-œufs

Publié le par Lionel Droitecour

Illustration Elsa Speckel, http://www.lapattedencre.fr/biographie

Illustration Elsa Speckel, http://www.lapattedencre.fr/biographie

(Près d’à Ange là de Taine fonte, en lents vers)

Très mais Beau-corps, sur ombre art chais perd
Naît, eux en son keub un mage fort.
Très mais
Narre-œufs, par l’heure d'eau chez aller
Lui teint, près à peu ce gage lent :
« Hé, jour bon, sieur meuh du Beau-corps !
Que vous taise lige haut, que vous meublez sans aube !
Sentir ment, si trêve aux mages rats
Se portent ras à trêve aux mages plus,
Vous taise le nix fait des Théo de souabe. »
À ces ohms le Beau-corps en se anse pas de ois-je ;
Et pour trait monts Célèbes doivent,
Il vrai houx un je lard keub, ce laid béton soie âpre.
Le
Narre-œufs sans hisser et dit « Mon sieur mon bon,
Nez à preux que tout heurt flatte
Vit aux pendez de luisent qui coûte les :
Te ces sons le sauve iambe un mage fort, sans te doux. »
Le Beau-corps, t’eux honte et fut con,
Rage eut, mais un tardpé, qu’on draine au lit prend plus.

Nellio Courtedroit, 82 vriller fait 1520

Je connus un temps, naguère, où, père de famille, j’étais confronté à l’impérieuse nécessité de narrer une historiette à mes drôles, le soir, avant le coucher.
Lorsqu’ils furent un peu grandis, je tentais les fables de La Fontaine, lesquelles s’adressent aux « petits-grands », auxquels il faut expliquer ce verbe désormais fort savant à nos modernes oreilles. Mais les enfants sont futés. Ils s’aperçurent bien vite que je racontais toujours la même, par moi apprise par cœur en des temps pour eux immémoriaux : Le corbeau et le renard.
Un vent de contestation ne tarda pas à souffler dans la chambrette, mon autorité paternelle étant sapée dans les fondations de ses bases en son infrastructure. J’essayais donc une ultime manœuvre : celle consistant à raconter la fable en verlan. Gymnastique acrobatiquement improvisée qui devint, soirs après soirs la routine d’un succès jamais démenti.
Car le vers antépénultième de la fable avait le don, ainsi détourné, de faire hurler de rire mes petites canailles. Ne me demandez surtout pas pourquoi.

Ce petit exercice littéraire sans aucune autre prétention que de rendre hommage à Maître Jean est donc à ranger au rayon des souvenirs autant que des fables...

... honteux et confus ... ???

... honteux et confus ... ???

Publié dans Fable

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