Vestige du temps

Publié le par Lionel Droitecour

... Je pioche une agonie dans les strates du temps, qui marche, solitaire, en des cieux inconstants ...

... Je pioche une agonie dans les strates du temps, qui marche, solitaire, en des cieux inconstants ...

J’ai traîné dans la boue mon cœur en son vestige,
Et puis j’ai regardé mourir sur cette tige
La fleur de mon enfance, en mille flétrissures,
Au seuil exaspéré de mes vaines brisures.

C’est ainsi, je suis fait de toutes ces matières,
De ces lignes brisées aux longes adultères
Et, comme le parjure en ses tristes raisons,
Je me fais un manteau des mornes horizons.

Eh quoi, je suis constant si je faillis toujours,
Si je plaque mes joies en semblables séjours,
Et cherche une échéance en la crainte mortelle.

L’absence, en ses revers, est à mon cœur fidèle
Je pioche une agonie dans les strates du temps,
Qui marche, solitaire, en des cieux inconstants.

juin 2011

Publié dans Névrose

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