Péronnelle

Publié le par Lionel Droitecour

Eugène Trigoulet (1864-1910), Elégantes sur la plage de Berck, détail

Eugène Trigoulet (1864-1910), Elégantes sur la plage de Berck, détail

Elle parle, elle parle, et parle pour parler,
Pour se donner un peu l’impression d’exister ;
Comme une meule brasse et l’ivraie et le grain,
Des bavardes moissons de son morne destin.

Et je pense et je dis et je veux et je fais ;
Moi, moi et moi encore et puis tout ce que j’ai ;
Monument égoïste emmuré d’elle-même,
Comme une huître sans perle ou un vain théorème.

Sans cesse, sans paresse et sans liesse elle bruit,
Exaspérante et pauvre et de cœur et d’esprit ;
Demoiselle cinglante, aigre, maigre et têtue.

Mais ne démord jamais, c’est sa seule vertu,
Puis dans sa solitude cache son silence,
Obtuse péronnelle emplie de suffisance.

octobre 2006

Publié dans Portrait

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Avisferrum 27/04/2015 07:24

Il fallait bien sûr lire Elie et non point Lee,
Je suis honteux et confus pour cette coquille,
Je veillerai bien désormais - et en atteste,
A bien nommer cet avatar du grand Kurt Recht.

Avisferrum 26/04/2015 07:57

Je connaissais LE Père o'Neil (Lee de son prénom) voici maintenant que tu nous présentes avec talent LA péronnelle !
Il y a-t-il des chances que je connaisse aussi cette charmante demoiselle ? :-)

Lionel Droitecour 26/04/2015 10:35

Tu la connais forcément, mon cher, Avis, nous l’avons tous croisée à un moment où l’autre de notre vie.
Maintenant ce n’est pas particulièrement l’une d’entre elle en particulier. Tu peux choisir de lui donner le visage qui te convient, tu ne manqueras surement pas de modèles appropriés...
Et c’est ELIE O’Neil et non point Lee, que tu lis en ces pages, mon cher Avril Terrum !