À l’agonisant

Publié le par Lionel Droitecour

... Comme un astre sans fruit dépourvu de rayon, son âme s’effondrait, sans guide et sans soutien ...

... Comme un astre sans fruit dépourvu de rayon, son âme s’effondrait, sans guide et sans soutien ...

Chaque jour il mourait, sans même le savoir,
L’enfant privé d’amour dans le désert d’absence,
Grain germé dans la nuit, que nulle ardeur solaire
Ne venait réchauffer, seul dans l’obscurité.

Sous le vent du hasard point de sécurité,
En soi point de projet ni de pierre angulaire,
Rien qu’on puisse construire et point de résilience
Si nulle main se tend pour invoquer l’espoir.

Un mot aurait suffit pour retisser du lien,
Sur la trame d’un cœur qui n’était point aride,
Mais qui s’asphyxiait, lentement, dans le vide.

Centré sur sa personne, enfant de l’abandon,
Comme un astre sans fruit dépourvu de rayon,
Son âme s’effondrait, sans guide et sans soutien.

février 2012

Publié dans Résilience

Commenter cet article

Avisferrum 04/05/2015 08:12

Très beau poème, qui donne à réfléchir sur les véritables besoins de l'enfant et l'influence de l'amour et la communication dans son éducation... Super photo, aussi, qui illustre parfaitement (et tristement) le texte !

Lionel Droitecour 04/05/2015 10:02

Démonstration par l'absurde d'un roi absolu et donc d'un crétin absolu, que c'est la parole qui nous fait naître au monde.
Je ne connaissais pas cette histoire, mon poème était inspiré par la grande misère des orphelinat roumain de l'ère Ceaucescu.
Et par le message d'espoir contenu dans les bouquins de Cyrulnik, puisque, pourvu qu'il ne soit pas trop tard dans leur développement, certains des ces enfants avec lesquels on s'est remis à communiquer on pu combler leur retard.

Luma 03/05/2015 11:43

Trés bon ..
Trés réaliste et trés beau , c'est important d'en parler ..

Ce poème si bien écrit illustrera bien la question de l'hospitalisme que j'aborde avec les candidats assistants-maternels dans le cadre de mon travail et un texte de winnicot dans lequel il parle de l'expérience de Frédéric II qui a interdit aux nourrices de parler aux enfants ...et en conséquence "tous ces enfants mourrurent .." !

Luma

Avisferrum 04/05/2015 08:07

A noter sur la fameuse (ou fumeuse ?) expérience de Frédo II :
" Au 13e siècle, le roi Frédéric II (qui parlait neuf langues : le latin, le grec, le sicilien, l'arabe, le normand, l'allemand, l'hébreu, le yiddish et le slave) voulut faire une expérience pour savoir quelle était la langue "naturelle" de l'être humain. Il installa six bébés dans une pouponnière et ordonna à leurs nourrices de les alimenter, les endormir, les baigner, mais surtout, sans jamais leur parler.
Frédéric II espérait ainsi découvrir quelle serait la langue que ces bébés "sans influence extérieure" choisiraient naturellement. Il pensait que ce serait le grec ou le latin, seules langues originelles pures à ses yeux.
Cependant, l'expérience ne donna pas le résultat escompté. Non seulement aucun bébé ne se mit à parler un quelconque langage mais tous les six dépérirent et finirent par mourir.
Les bébés ont besoin de communication pour survivre. Le lait et le sommeil ne suffisent pas. La communication est aussi un élément indispensable à la vie. L'être humain est un être social, il n'y a pas que le "biologique" qui lui permet de vivre, mais le "social" également."