Défroques de nos cris

Publié le par Lionel Droitecour

... Chaque langue redit ce manque sous nos peaux, défroques de nos cris, comme des oripeaux ...

... Chaque langue redit ce manque sous nos peaux, défroques de nos cris, comme des oripeaux ...

On ne guérit jamais de ses chagrins d’enfant.
Ainsi l’heure première, au chevet de nos vies,
Marque-t-elle à jamais, aux sentes poursuivies,
La trace surannée dont le cœur se défend.

Comme dans le regard, brûlé, qu’un astre mord,
Le rémanent écho et partout projeté
S’imprime et se duplique, imparfaite clarté,
Qui reluit, en l’obscur d’un impuissant remord.

Saudade, nostalgie, misère, vague à l’âme :
Chaque langue redit ce manque sous nos peaux,
Défroques de nos cris, comme des oripeaux.

En crabe l’on se meut, les pinces en avant,
Affleurant aux propos que la détresse clame,
Solitaire, toujours, et nos corps se cavant.

août 2010

Publié dans Résilience

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