Merlin l’enchanteur

Publié le par Lionel Droitecour

Otto Böhler (1847–1913), silhouettes de Gustav Mahler dirigeant l'orchestre, extraits

Otto Böhler (1847–1913), silhouettes de Gustav Mahler dirigeant l'orchestre, extraits

Bien qu’il eût l’air austère, il était magnifique,
Comme un grave Merlin pâle et droit comme un « i »,
De sa souple baguette, il créait la musique,
Eblouissant sorcier avec sa queue de pie.

Comme les vents hardis sculptent les frondaisons
Son geste anoblissait la forêt d’instruments
Devant lui rassemblés, murmures et frissons,
Puis soudain l’ouragan, défi aux firmaments.

Lors, tout petit enfant, j’écoutais ce mystère,
Béat de l’impérieux et puissant magistère
Domptant, d’un seul regard, cette foule bruyante.

Et, désormais vieilli, je me surprends encore
À célébrer ce dieu de l’olympe sonore,
Descendu en la fosse où l’orchestre m’enchante.

mars 2012

Publié dans Musique

Commenter cet article