Un phare en ma nuit

Publié le par Lionel Droitecour

... « Si je cours assez vite, elle m’attrap’ra pas ! » ...

... « Si je cours assez vite, elle m’attrap’ra pas ! » ...

D’un tel, en apprenant qu’il avait « calanché »,
Tu disais, un éclat luisant dans le regard,
« L’andouille ! C'est qu'il a oublié d’respirer ! »

Hâbleur devant la mort, je pense à toi, papa,
Qui plaisantait, clamant, aux cercles rigolards,
« Si je cours assez vite, elle m’attrap’ra pas ! »

Tu l’avais vu de près, la camarde sauvage,
Elle n’impressionnait guère ton vieux fusil,
Militant, résistant, depuis ton plus jeune âge.

« S’endormir un beau soir, ne plus se réveiller,
C’est une belle fin ! » Ainsi es-tu parti,
Quand ton cœur a failli, et nul pour te veiller.

J’ai remord, depuis lors, d’avoir été absent,
De n’avoir pu souffler sur cette vieille flamme,
De t’avoir laissé seul au seuil où l’on descend.

Mais je suis sûr au moins, qu’en l’ultime combat
Tu l’as toisée, la garce. Ainsi qu’une oriflamme,
Aux rives de Pharos, tu guides encor mon pas.

décembre 2011

Publié dans Souvenirs

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credi 13/05/2015 08:01

tres beau ce poeme sur mon beau père que j'aimais beaucoup

Luma 10/05/2015 21:36

Trés beau ce poème en hommage au père disparu .

Le mien vit toujours , il a 89 ans .
Il ne veut pas l' évoquer cette mort qu'il a cotoyée de prés lors de la dernière guerre et dans les camps de TAMBOW à l'âge de 17 ans .

Jeunesse touchée, marquée par la violence et la barbarie et malgré tout debout pour les luttes qui ont suivi ..

Luma

Avisferrum 10/05/2015 20:04

Encore un bel hommage à ton papa, dont il serait certainement ému et fier...
"J’ai remord, depuis lors, d’avoir été absent,
De n’avoir pu souffler sur cette vieille flamme"
Ah... il est clair que Madame la Camarde arrive parfois sans préavis, un peu à l'improviste et souvent ce sont les morts qu'on envie le plus, comme le laissait entendre ton papa (« S’endormir un beau soir, ne plus se réveiller, C’est une belle fin ! »)
Par contre quand tu dis :
"De t’avoir laissé seul au seuil où l’on descend" on pourrait tout aussi bien évoquer un seuil où on monte, n'est-il point ? Il est vrai que la rime s'en serait trouvée plus délicate ! :-)

Lionel Droitecour 13/05/2015 10:12

Citation :
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C'est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre...
Le père Hugo demeure, sans doute inconsciemment lorsque j'écris, l'un de mes premiers modèles.
Or donc l'on descend au seuil dernier, plutôt que l'on y monte. Si quoique ce soit s'élève, cela ne nous concerne plus...