Surdité

Publié le par Lionel Droitecour

Beethoven en 1803, par Christian Horneman (1765-1844)

Beethoven en 1803, par Christian Horneman (1765-1844)

Il avait sa façon bien à lui de parler,
Je le comprenais mal, sans doute un étranger.
Sympathique, pourtant, souvent je l’évitais
Gêné de mal entendre un verbe embarrassé.

J’ai su, depuis, qu’il était sourd,
Complètement, depuis toujours…

Jamais, dans son oreille, un moindre mot d’amour,
Jamais cette musique étrange, seuil des jours,
Quand la nature pense, en ses calmes contours,
Jamais l’orchestre immense ouvrant un cœur balourd…

Pardon, l’ami de mon silence :
Ma surdité fut mon absence.

Je voudrais te conter de Bach un chœur sublime,
Hélas ! Nos pauvres mots sont pareils à l’abime !
Fugue ni contrepoint n’habitent cette rime,
L’harmonie n'est qu'un mot que rompt l’entrave intime.

Mai 2010

Publié dans Musique

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Avisferrum 27/06/2015 10:39

Beau poème et belle illustration musicale...
Je connais cette gêne, quand on rencontre une personne mal-entendante qu'on a du mal à comprendre, on a tendance même inconsciemment à l'éviter...
Pourtant ce doit être très difficile pour un sourd de naissance d'apprendre à parler, il a bien du mérite...