Au remord de la plaine

Publié le par Lionel Droitecour

Théodore Rousseau (1812-1867), Sortie de forêt à Fontainebleau, soleil couchant

Théodore Rousseau (1812-1867), Sortie de forêt à Fontainebleau, soleil couchant

Certes, je le sais bien, tout cela finira,
Tous ces mots rassemblés en théories de verbe,
Toutes ces fleurs fanées séchées en mes herbiers,
Immortelles, bouquets de stances oubliées.

Ce seront, naufragées, pages impubliées,
Encres décolorées, reliées en des cahiers ;
Au grenier éventré, pourrissante, une gerbe
Que, maraudeur furtif, le temps n'égrènera.

Pauvre poète, adieu la postérité vaine,
Adieu déréliction et fleurs de rhétorique ;
Il n'est, dans le silence, au marbre du tombeau,
Que la plainte du vent dans la nuit qui t'accueille.

Et, peu à peu noircie où la branche défeuille,
L'écorce pétrifiée où perche le corbeau,
Jacassante rumeur, huissier mélancolique,
Crieur de solitude au remord de la plaine.

juillet 2012

Publié dans Art poétique

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Avisferrum 27/07/2015 08:26

"Pauvre poète, adieu la postérité vaine,
Adieu déréliction et fleurs de rhétorique ;
Il n'est, dans le silence, au marbre du tombeau,
Que la plainte du vent dans la nuit qui t'accueille."

Très joli, même si tu te doutes bien que j'aurais des tonnes de choses à dire sur ces quelques lignes !
:-)