Ce peu de temps

Publié le par Lionel Droitecour

... Epave chavirée dont la coque, crevée, suinte son désespoir en chaque moisissure ...

... Epave chavirée dont la coque, crevée, suinte son désespoir en chaque moisissure ...

On fuit, le plus souvent, sans penser au dédit,
Quelque jour, on sait bien, l’huissier du temps perdu
Viendra nous présenter le compte en son exploit :
La dette, sous nos pas, en chaque jour s’accroit.

Ce fol impécunieux qui court en sa pratique
Et pousse son effort sous un ciel amnésique,
Avance, vil glouton, au contrefort ardu
Et se perd, peu à peu, comme il perd son crédit.

Et l’on termine, au soir, au bassin de radoub
Epave chavirée dont la coque, crevée,
Suinte son désespoir en chaque moisissure.

Mais l’instant, rare, est là, qui lentement pressure
Ce peu de temps qui reste à la lèvre grevée
Soudain, de tant de mots épars en leur redoux.

mars 2015

Publié dans Le temps

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credi 16/07/2015 12:20

sois un peu plus gai stpl

Lionel Droitecour 16/07/2015 12:26

Ce poème n'est pas triste, il est lucide...
Il est même optimiste dans sa dernière strophe. C'est un appel à trouver les mots et, bien sûr, à les dire avant qu'il ne soit trop tard.