Jocaste

Publié le par Lionel Droitecour

... Alors je m’agrippe à l’humain, de mon front, le chasse à grand peine ...

... Alors je m’agrippe à l’humain, de mon front, le chasse à grand peine ...

Dans mon magasin de pulsions,
Dont je maintiens la porte close,
Je loge un petit tas d’horreurs.

Il y a du sang, il y a du foutre,
Aussi des larmes, la douleur,
Le mal qui chante sa rengaine.

Et la géhenne y fait sa danse,
Tintamarre dans le silence,
Sabbat de haine et de violence.

Mais tout ce bruit meurt à mes lèvres,
Souffle, soupir, humble carême,
Nuit creuse au pas de l’insomnie.

Et dans le rêve, en cauchemar,
Dans le silence de Jocaste,
Au pas obscur de la mémoire ;

Aux lisières de l’inconscient
Le monstre sort de sa tanière ;
De sa bouche affreuse, pourrie,

Il m’embrasse et il me convie,
Murmure, démon tentateur,
Au possible du geste insane.

Alors je m’agrippe à l’humain,
De mon front, le chasse à grand peine,
Aux bordures de ce poème.

mars 2015

Publié dans Névrose

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credi 17/07/2015 07:09

tu traduis ton état d'esprit actuel ?

Lionel Droitecour 17/07/2015 07:28

Ceci à été écrit en mars dernier, et j'en ai programmé la publication il y a plus de trois mois.
Disons donc que le hasard fait bien les choses.
Quand au reste, le titre aurait ou en être :
"De l'utilité du poème", qui n'a donc, en l’occurrence, rien d'une futilité...