Qui vivra dira

Publié le par Lionel Droitecour

... Qu’importe ! Je m’applique et fourbis mon obole, chaque jour me suffit et qui vivra dira ...

... Qu’importe ! Je m’applique et fourbis mon obole, chaque jour me suffit et qui vivra dira ...

Dans les mortes saisons de nos rives sans fruit
J’avance par le verbe un pion dans le réel.
C’est ainsi, je bâti cette fable, sans bruit,
Humble comme le brin d’un simple sous le ciel.

Il n’est pas de dessein en ma sente immature,
Je n’ai pas de projet et je n’aspire à rien.
Je fleuris, car je crois que c’est dans ma nature,
Pour le reste, tant pis, je m’arrangerai bien.

Prenez, si vous voulez, de cette confiture
De mots acidulés dont je fais parabole,
De propos chantournés, volatile mixture.

Nous savons, n’est ce pas, comment ça finira :
N’importe ! Je m’applique et fourbis mon obole,
Chaque jour me suffit et qui vivra dira.

mars 2015

Publié dans Autobiographie

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Lionel Droitecour 06/07/2015 14:17

Impermanence, dis-tu ?
Que voilà un bien joli mot, lequel je m'empresse de ranger dans ma boite de Pandore...
Il en ressortira, quelque jour, sans doute, au creux d'un sonnet sans dissonance.

Avisferrum 06/07/2015 06:58

Ah, quel beau poème que voilà, sous l’œil malicieux de son créateur en personne !
La philosophie semble en être le fameux "Carpe Diem", cueille le jour, en musique et en poésie !

"Il n’est pas de dessein en ma sente immature,
Je n’ai pas de projet et je n’aspire à rien.
Je fleuris, car je crois que c’est dans ma nature,
Pour le reste, tant pis, je m’arrangerai bien."

Voilà de magnifiques lignes qui te ressemblent bien, de celles qui font la beauté et la force de ton œuvre, puissantes et inspirantes.
Leur charme vient aussi de leur paradoxe, car dîtes comme ça elles te placent très près de l’ultime libération, celle où notre mental éphémère a reconnu son impermanence et laisse la place à la pure Conscience, le témoin immuable dont la petite voix ténue essaie de nous guider en ce monde... et hors de ce monde.
Des mots qui aident à nous libérer des mots, une sente immature sans nul dessein qui nous guide vers le dessein ultime, voilà qui commence plutôt bien ma journée, de cette "confiture" je tartine volontiers mes tranches de vie, merci !