Les rives inclémentes

Publié le par Lionel Droitecour

... Et, près d’aller fouler, bientôt, l’ultime sente ... en la source buvons, désormais transparente ...

... Et, près d’aller fouler, bientôt, l’ultime sente ... en la source buvons, désormais transparente ...

On ne fait jamais deuil de cet amour versé
Dans l’orée de nos jours. L’âge est un océan
Qui ramène l’émoi que l’aurore cela
En cette plénitude. On y rejoint, ciboire,

Les ors du firmament, mais qu’il est dérisoire
D’élever au couchant nos yeux vers l’au-delà !
La douceur qui, jadis, emplit un cœur béant
S’est dissipée dans l’air ; à jamais dispersé

Le candide entretien de nos âmes infantes.
Ne reste que l’hiver, aux rives inclémentes,
Qui pose sur nos fronts son gel et ses tourmentes.

Et, près d’aller fouler, bientôt, l’ultime sente,
À nos yeux décillés que le vain remord hante,
En la source buvons, désormais transparente.

août 2006

Publié dans Sensation

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