P’tit cœur

Publié le par Lionel Droitecour

P’tit cœur

J’ai cinq ans, je suis grand, je regarde les gens ;
Je vois dedans leurs yeux s’ils ne sont pas contents.
C’est comme si, des fois, que je n’étais pas là
Surtout quand ils chuchotent en parlant de moi.

Je suis petit, c’est sûr, mais je vois chaque chose
Et dans l’après midi, lorsque je me repose,
Les grands, pendant la sieste, ils ont leurs propres jeux,
Ils font des bruits, c’est drôle, et s’amusent entre eux.

Le soir, quand mes yeux lourds piquent en clignotant
Je mélange les mots et parfois, en rêvant
Je m’invente une histoire en mon p’tit cœur d’enfant.

Je me demande aussi comment ils m’aiment fort,
Ca m’étouffe, parfois, lorsque la peur me mord,
Quand je reste tout seul à penser à la mort.

novembre 2006

Publié dans Résilience

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Avisferrum 10/09/2015 09:13

Très joli, nimbé d'une grande innocence...
Pense-t-on à la mort à 5 ans ? Ou est-ce plutôt une peur du vide, de l'absence ou de l'insécurité ?
Je n'ai que peu de souvenirs (conscients) de cet âge, ma première expérience de la mort est venue un peu plus tard, avec le décès de ma marraine que j'aimais beaucoup (c'était la sœur de ma grand-mère qui vivait avec nous, elle avait pris une part prépondérante dans mon "éducation", surtout par l'amour qu'elle me prodiguait)
Mais même là mes souvenirs sont très vagues, je ne sais plus trop si j'étais triste à cause de ce départ en lui-même ou parce que tout le monde l'était autour de moi...
Un enfant est un peu "éponge" des sentiments de son entourage !