En la marge impromptue

Publié le par Lionel Droitecour

... Quand la sente légère emprunte cette voie nous sommes ce layon, souvent, qui baguenaude ...

... Quand la sente légère emprunte cette voie nous sommes ce layon, souvent, qui baguenaude ...

Je n’ai point de désir en l’heure paresseuse,
Le temps va comme il vient et je cours sur son erre,
La vie, parfois, nous tient en de lâches liens
Où le contentement de vivre nous suffit.

Il n’est pas de challenge, non plus de défi,
On bat l’amble du jour aux vagues quotidiens,
Quelque chose est offert qu’on sème en notre terre,
Espérant un levain dans cette attente heureuse.

Il n’est pas nécessaire de vouloir toujours,
D'incruster d'une faim l’élan de notre cœur,
Quand la sente légère emprunte cette voie
Nous sommes ce layon, souvent, qui baguenaude.

Là, dans l’air dépourvu d’émotion en ribaude,
Nous cheminons, tranquillement à contrevoie,
Loin des sentiers battus, sans honte et sans rancœur,
Pareils à ce voilier qu’un vent mène au long cours.

Bien sûr c’est un moment, une respiration ;
Le battement, tantôt, de la vie qui nous guette,
Viendra reprendre ici le tempo qui nous tend
Et bousculer, soudain, cette calme césure.

Qu’importe, en cette imposte il n’est nulle imposture,
Nous aurons contenu ce précieux instant
En la marge impromptue de notre âme en goguette,
Qui s’épouse soudain à une inspiration.

mars 2015

Publié dans Sensation

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