Parmi les particules

Publié le par Lionel Droitecour

... Polyphonie bavarde où vont les cœurs humains tels, au gazon, l’insecte obtus en son ouvrage...

... Polyphonie bavarde où vont les cœurs humains tels, au gazon, l’insecte obtus en son ouvrage...

Cette bestiole obtuse passe d’un brin d’herbe
À l’autre, et peu à peu, revient sur elle même
En sa marche obstinée. L’espace se répète,
Ainsi, en mille pas qui ne mènent à rien.

Ne sommes-nous insecte en notre quotidien,
Qui parcourons le temps d’une rime obsolète,
Persuadé d’ailleurs en chaque instant qu’on sème,
Toujours au même endroit, en notre quête acerbe ?

Nous n’avons que si peu de place,
Et si peu de secondes nous sont imparties,
Dans ce frémissement d’un univers entier,
Un, peut-être, parmi d’autres en multitudes.

Etrange emboitement de tant de solitudes
Aux milliards du possible en notre humble sentier,
En l’enchevêtrement de toutes nos parties,
Individualité que le réel enlace.

Inquiet, nous en allons, feignant d’être sereins,
Cachant cet infini, en nous, qui se déploie,
Echo en devenir de toute immensité,
Mais perplexe toujours, même au prix du savoir.

Notre lanterne brûle à jamais dans le noir,
Nous ne sommes qu’un grain, fugace densité,
Et le doute toujours, où notre échine ploie,
S’incline vers la terre au secret de nos reins.

Nous n’aurons pour viatique, à la fin du voyage,
Qu’un peu de cendre froide en le creux de nos mains,
Et, bientôt dispersés, énergie ou matière,
Nous ne serons qu’un champ parmi les particules.

C’est là le seul déchant des âmes majuscules,
Dans le débile éclat d’une faible lumière,
Polyphonie bavarde où vont les cœurs humains
Tels, au gazon, l’insecte obtus en son ouvrage.

Lionel, 25 mai 2015

Publié dans Spiritualité

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LADY MARIANNE 26/09/2015 18:54

bonsoir-
enchantée de vous accueillir dans ma communauté !!
quel talent- je vais vous présenter avec le lien de votre blog dès lundi-
je reviendrai vous lire plus amplement-
merci !