Point d’honneur

Publié le par Lionel Droitecour

... tel un Hamlet songeur, je sais mon avenir inscrit en cette nasse ...

... tel un Hamlet songeur, je sais mon avenir inscrit en cette nasse ...

Je vois, en ce miroir, s’esquisser ma douleur,
Et je sens sous ma peau, squelette en devenir,
Le crâne de Yorik : tel un Hamlet songeur,
Je sais mon avenir inscrit en cette nasse.

Je ne suis, tout entier, que dans l’instant qui passe,
Et le temps, ce maudit, en est le ravageur,
Sous la pierre bientôt il me faudra venir
Abandonner l’ego de mon œil sans couleur.

Et disparaitre ainsi du nombre des vivants
Fluide évaporé dans un éther sans forme,
Vapeur en la nuée qui roule infiniment
Ses brassées dans les cieux que n’habitent nuls dieux.

À notre chair périe ce dol parait odieux,
On se veut immortel, une âme surement
Perdure en quelque lieu… Ce n’est qu’un vœu qu’on forme,
Conte en un livre saint qu’éparpillent les vents.

Mourir, la belle affaire, est notre certitude,
Je suis ce condamné ignorant la sentence,
Le jour et l’heure, aussi l’endroit de mon supplice,
Mais l’arrêt est rendu, il n’est de cassation.

La camarde patiente est déjà en faction,
Là-bas, vers l’horizon ou m’attend cette lice,
Mais les dés sont pipés où se vide l’offense,
Si le duel est perdu reste la fortitude.

Hâbleur, j’irai céans présenter mon plastron,
Et je plaisanterai si je peux, si le sens
Est encore à portée de ma voix, de mes yeux,
Tant que ma source enfin, ne sera point tarie.

Pour les restes tant pis, âme ne nous harie
Disait Villon pendu ricanant de son mieux,
J’espère en ce parage être de cette essence,
Si le sort est jeté, voici mon Rubicon.

décembre 2012

Publié dans La camarde

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Avisferrum 10/09/2015 21:18

Ah... La camarde, cette vieille amie, qui n'a pourtant rien de morbide, au fond, une éternelle incomprise !

D'ailleurs existe-t-il vraiment quelque chose qu'on puisse appeler camarde, ou mort ?

Ce qui est né doit finir, ça semble inévitable, il n'est donc nullement besoin d'une entité ou chose nommée "mort" car la fin est déjà inscrite dans le commencement, c'est en quelque sorte "automatique" !

Mais la vie même, celle qui nous anime, a-t-elle un commencement et par conséquent une fin ?

L'être dialectique, l'égo que nous sommes ne peut répondre à cette question. Il faut qu'il arrive à son terme pour que la réponse soit.

CREDI 05/09/2015 13:57

que c'est triste, tu n'as pas plus gaies, ou alors c'est ton ressenti actuel ?