Théorème

Publié le par Lionel Droitecour

... Je mesure l’espace et dit la proportion de ce temple de chair où passe ma question ...

... Je mesure l’espace et dit la proportion de ce temple de chair où passe ma question ...

Je suis un théorème, une formulation,
Réel mathématique froid, une équation
Et je règle mon pas aux machines abstraites
Des mondes inconnus qui roulent sur nos têtes.

Voici que je m’éreinte en parcourant l’orbite
De cette sphère étrange où mon esprit habite,
Confronté chaque jour au vent irrationnel
Qui, soufflant sur mon âme, induit le spirituel.

Parmi les nombres, chiffre au compte des nations
Qui profilent mes jours par milles, par millions
J’avance en la forêt comme un vain nombre d’or.

Je mesure l’espace et dit la proportion
De ce temple de chair où passe ma question,
Angoisse, en l’inconnu, où s’invite la mort.

août 2006

Publié dans La camarde

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Lionel Droitecour 14/09/2015 21:23

"... blanc, intouché et immaculé, quelques soient les scènes qui y ont été projetées ..."
Assez d'accord, mais tu conviendras que cela apporte de l'eau à mon moulin. Hors de notre réalité humaine, cet écran n'est que virtualité dans l'informulé. À supposer qu'un projectionniste vienne à nouveau allumer sa lanterne magique, ce ne seras plus toi, ce ne sera plus moi, ce ne sera plus nous. L'écran n'est plus alors qu'une immatérialité sans substance. Et nous avec...

Avisferrum 15/09/2015 21:06

Oui, sans doute, cher ami, ce que tu écris est certainement en partie vrai...
J'aime bien notamment ta phrase "Hors de notre réalité humaine, cet écran n'est que virtualité dans l'informulé"
Notre réalité humaine est celle du monde des formes, formes que nous sommes programmés à voir, de par notre ADN et notre fréquence vibratoire.
La question est alors effectivement : qui voit ? Existe-t-il le fameux "fantôme dans la machine" ?
Finalement ton point de vue serait plutôt "behavioriste", à savoir que le monde est une espèce de machine et que celle-ci fonctionne seule, sans "fantôme", en opposition au solipsisme, qui affirme au contraire que la machine est une illusion.
A ce propos je ne résiste pas à la tentation de te faire partager un extrait d'un livre sur le zen (Le Rêve du Papillon, d'Albert Low) :

"Une autre voie considère que le fantôme et la machine sont tous les deux réels et qu'ils suivent un chemin en quelque sorte parallèle. Ce qui fait l'intérêt de cette théorie est qu'elle est presque universellement acceptée comme mode de vie, bien qu'elle soit rarement reconnue comme théorie explicite, grevée qu'elle est de problèmes trop nombreux.
En effet, la plupart vivent leur vie comme s'ils étaient un fantôme dans la machine, croyant qu'ils sont des personnalités, des personnes ou des âmes, qu'ils sont réels et individuels sans être pourtant matériels.
Certains iront plus loin, croyant que cette personnalité pourrait même se réincarner dans une série de corps.
D'autres encore, tout en niant l’idée d'existences antérieures, croient cependant que ce fantôme ou cette âme va quelque part après la mort, de préférence au ciel.
Enfin, certains nient cela, croyant que la personne ou la personnalité meurt ou est détruite à la mort. Du moins croient-ils cela jusqu'à ce qu'ils entendent la mort leur murmurer à l'oreille..."

Ça résume finalement assez bien le dilemme de nos existences... Quant à ton affirmation :

"À supposer qu'un projectionniste vienne à nouveau allumer sa lanterne magique, ce ne seras plus toi, ce ne sera plus moi, ce ne sera plus nous. L'écran n'est plus alors qu'une immatérialité sans substance. Et nous avec..."

Elle est bien sûr entièrement vraie... ce qui ne veut pourtant pas dire qu'au clap de fin de nos vies il n'y aura que le néant, la vie qui nous a animé subsistera, mais sous quelle forme...

Avisferrum 14/09/2015 20:21

"Rien à faire, nous ne pouvons en sortir, de ce dilemme. Il n’y a pas d’après à mes yeux, puisqu’il n’y a pas eu d’avant à ce que nous sommes. Porte à jamais close, l’expérience humaine n’est qu’une mèche qui se consume, une lueur qui se perd dans le néant."

Hmm... oui, c'est certainement vrai en ce qui concerne notre personnalité terrestre, c'est bien possible... Mais ne pouvons-nous vraiment sortir de ce dilemme ?

Beaucoup de grands Éveillés, du passé et du présent soutiennent pourtant le contraire, qu'il y a en nous une part qui n'a jamais eu de commencement et n'aura jamais de fin, une présence éternelle qui est la vie même.
Et non seulement cette vie est en nous, mais nous pouvons, en temps qu'êtres incarnés et périssables, la retrouver et y prendre part, même si ce terme "retrouver" est impropre car au fond nous ne l'avons jamais perdue, juste oubliée.
Cette étincelle d'éternité n'est certes pas nous en tant qu'égos, et pourtant nous en sommes partie intégrante, car rien n'existe en dehors de cette énergie.
Ça me fait repenser à l'image de l'écran de cinéma : il reflète fidèlement le film, mais une fois ce dernier terminé il redevient ce qu'il n'a jamais cessé d'être : blanc, intouché et immaculé, quelques soient les scènes qui y ont été projetées.

Le film c'est nos vies, l'écran blanc ce que nous sommes vraiment : il suffit de s'en rappeler ! ;-)

Avisferrum 14/09/2015 18:30

Je ne sais pas exactement ce que tu as voulu exprimer en ce poème, comme beaucoup d'autres de ta création il laisse au lecteur le soin de trouver lui-même un sens à ce qui est écrit.
Pour ma part j'y vois une interrogation sur la nature réelle du monde dans lequel nous vivons.
Quand tu dis que nous sommes une espèce de formulation mathématique ce n'est sans doute pas si loin de la réalité.
Nous voyons le monde tel qu'il est parce que nous en faisons partie, par notre ADN, nos vibrations, notre conditionnement, mais une entité qui serait en dehors de ce monde le verrait sans doute très différemment, qui sait comme une trame vibratoire composée de points colorés, de sons ou d'énergies fluctuantes... trame dans laquelle nous sommes insérés.
Résoudre l'équation nous permettrait-il d'en trouver la sortie ? Spirituellement je le crois...

Lionel Droitecour 14/09/2015 19:07

Le sens précis de ce que j’écris ici, je l’ignore, le plus souvent.
Mais est-surprenant ? Nous sommes notre propre mystère et l’équation que nous avons à résoudre ne se pose qu’à nous.
Rien à faire, nous ne pouvons en sortir, de ce dilemme. Il n’y a pas d’après à mes yeux, puisqu’il n’y a pas eu d’avant à ce que nous sommes. Porte à jamais close, l’expérience humaine n’est qu’une mèche qui se consume, une lueur qui se perd dans le néant.

credi 14/09/2015 17:09

je l'aurais vu autrement ce poème