À force de gésir

Publié le par Lionel Droitecour

À force de gésir

En moi la lune noire imprime son déchant,
J’aime la nuit propice à dissoudre ma voie
Et, dans l’ombre, je sais l’onde en la moire obscure
Aux reflets de mes yeux béants d’immatériel.

Et même dans le jour, à regarder le ciel,
Dans la mélancolie que le doute procure
Je projette des mots, ma sente se déploie
Jusqu’à atteindre, enfin, l’orbe au soleil couchant.

Là, j’approche parfois l’acmé de mon désir,
Et ma bouche s’encombre, en paroles amères,
Des futiles accents de la rime obsolète.

Ma victoire en ce lieu est vaine, mais complète,
Et j’y suis ce héraut d’instances adultères
Où je trompe l’ennui à force de gésir.

octobre 2012

Publié dans Résilience

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flipperine 19/10/2015 16:48

il ne faut pas se laisser aller