Face à l’infini

Publié le par Lionel Droitecour

À Marie, son mari, ses enfants et toute sa famille en lutte contre la SLA

À Marie, son mari, ses enfants et toute sa famille en lutte contre la SLA

Il se peut qu’un jour je m’évade,
Pour vous laisser seuls en la rade,
Vous qui m’aimiez. Cela se peut
Qu’un jour je vive en un ciel bleu :

Ce que nous sommes importe peu.
Ainsi vous saurez que s’il pleut,
Ce sera pour votre âme en peine
Mes douces eaux d’aube sereine.

Dans le vent mon souffle sans voix,
Poème aux sentes de mes voies ;
Dans le reflux des terres sombres
Le refus de toutes mes ombres.

Et dans le feu d’ambre solaire,
L’éclat de l’étoile polaire,
Pour guider vos pas solitaires
Aux moires des mémoires claires.

Nous ne serons que séparés,
Nous ne serons pas déparés :
Dépareillés dans le réel,
Accastillés au spirituel.

Les vagues vont et nous emmènent,
Les vastes océans promènent
Nos voiles qui souvent s’appellent ;
Quelquefois nos larmes s’y mêlent.

Nos voyages ne sont naufrages,
Vapeurs assemblées aux nuages,
Ils font et défont leurs panaches,
Libres des mortelles attaches.

Innombrables compagnonnages
Nous sommes ces aréopages
Et discourons, devant la nuit,
Face à l’infini qui nous fuit.

25 novembre 2015

Publié dans Spiritualité

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Avisferrum 28/11/2015 13:34

Très beau poème qui me fait penser une nouvelle fois à "Do Not Stand At My Grave And Weep" (mis en musique) dont ma version préférée est :
https://www.youtube.com/watch?v=jynpGNaSAMA
Et la tienne :
https://www.youtube.com/watch?v=BuA7zlUP5HI

J'ai bien sûr noté et apprécié (pour la légèreté du verbe) ta réponse :

"La fin de l'année devrait se passer dans des eaux plus calmes, avant le "redécoupage" de mes frontières intimes en janvier de l'année à venir.
Espérons que le navire reste à quai..."

Le redécoupage de mes frontières intimes... Il fallait la trouver en ces circonstances, chapeau bas...
Le navire quant à lui est encore à quai, mais déjà ses voiles frémissent du vent de la liberté, ce n'est qu'une question de temps et il larguera ses amarres...
Vers ici...? Vers ailleurs ...?
Peu importe à la coque qui brise les flots avec élégance et grandeur, accompagnée des rires de grands oiseaux blancs, messagers de l'infini.

LADY MARIANNE 25/11/2015 17:00

j'aime l’accastillage-
c'est très émouvant-
comment allez-vous en ce moment - plutôt bien j'espère ?

Lionel Droitecour 25/11/2015 17:13

Pour ce qui est de ma santé, elle fait de son mieux pour affronter les thérapies nécessaires.
La fin de l'année devrait se passer dans des eaux plus calmes, avant le "redécoupage" de mes frontières intimes en janvier de l'année à venir.
Espérons que le navire reste à quai...
Merci, chère Lady pour vos commentaires, qui demeurent un encouragement et un plaisir, quand bien même je n'y répond pas toujours, par manque de temps.