À l’antique liesse

Publié le par Lionel Droitecour

Alfred Sisley (1839-1899), Une cour à Chaville, détail

Alfred Sisley (1839-1899), Une cour à Chaville, détail

Un peu de neige, enfin, est tombée sur la plaine.
Mon cœur, qui se souvient des glissades d’enfance,
Par delà les grisailles, malgré la froidure,
En sourit tendrement et songe, au petit jour.

Car nous vivions naguère en ce radieux séjour,
En notre âme embellie des jeux de la nature ;
« Autrefois »... disons-nous, regrettant notre errance,
Et la nostalgie comble, en nous, la rive ancienne.

Mais c’est, en vérité l’ombre de la jeunesse,
Enfuie de nos mitans, que nous cherchons ici,
Et ce printemps des corps où vivre allait de soi.

En la vieillesse alors, l’heure toujours déçoit,
Maussade, en nos douleurs, la rade que voici
N’est que fade réplique à l’antique liesse.

décembre 2014

Publié dans Nostalgie

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Avisferrum 17/12/2015 14:42

"Je ne crois pas que je songeais à l'ADN en écrivant ceci"
Ça j'imagine aisément ! :-D

"Je ne crois pas non plus que nous ayons été "programmé" ( par qui ?), mais tout simplement que la vie mange la vie"
Programmés par... nos créateurs, of course, je dis bien NOS et pas notre, tu auras relevé...

"Fous que nous sommes de croire en notre permanence, alors que le sable, sans cesse, fuit entre nos mains..."
Certes, cher ami, en un sens tu as bien sûr raison en ce qui concerne notre être terrestre... D'ailleurs, me diras-tu, qui peut dire qu'il y a autre chose que cet être transitoire, et si oui quoi ?...
Vaste question, en effet, tes beaux poèmes et tes réponses à mes commentaires m'incitent à la considérer désormais de manière un peu moins évidente, car en effet nous sommes prompts à nous laisser conditionner et à prendre nos croyances pour des réalités.
Ce qui ne veut pas dire que je ne crois plus au fait qu'en nous quelque chose transcende la mort et l'oubli, simplement j'essaye de faire un peu plus la distinction entre mes pensées, mes désirs et ce que j'ai validé par mon vécu, en d'autres termes entre ce que je crois et ce que je sais...

Avisferrum 14/12/2015 18:04

Beaucoup de lucidité dans ce beau poème :

"Mais c’est, en vérité l’ombre de la jeunesse,
Enfuie de nos mitans, que nous cherchons ici,
Et ce printemps des corps où vivre allait de soi.

En la vieillesse alors, l’heure toujours déçoit,
Maussade, en nos douleurs, la rade que voici
N’est que fade réplique à l’antique liesse."

Et de fait l'être humain a été "programmé" pour ne pas dépasser 120 ans, qui représentent une barrière quasi infranchissable... Cette programmation a sans aucun doute sa raison d'être, comme notre déchéance dans la vieillesse...

Chacun y trouvera une explication qui lui convient, manipulation de notre ADN, évolution... les pistes sont nombreuses !

Lionel Droitecour 14/12/2015 18:43

Salut mon Avis,
Je ne crois pas que je songeais à l'ADN en écrivant ceci. Juste cette remarque concernant notre bref passage en ces contrées, que si la la vie est, certes, est un cadeau (quand on à un peu de chance cependant) alors vieillir est le triste revers de cette belle médaille.
Je ne crois pas non plus que nous ayons été "programmé" ( par qui ?), mais tout simplement que la vie mange la vie.
"... Elle nous prendra tout, la vie, même la vie,
Dépouillés et meurtris, délavés et vieillis,
Nos âmes, nos amours, nos espoirs, nos amis,
Notre chair et nos os, desséchés et noircis... "
Ai-je écrit autre part. Fous que nous sommes de croire en notre permanence, alors que le sable, sans cesse, fuit entre nos mains...