Jardin nocturne

Publié le par Lionel Droitecour

... Je suis cet impétrant dans le jardin nocturne qui dédie son oracle aux orées à venir ...

... Je suis cet impétrant dans le jardin nocturne qui dédie son oracle aux orées à venir ...

1.
Un peu de temps donné, une ombre en la seconde,
Fraction d’éternité d’une simple faconde,
Et quelque chose vibre en nous comme un écho,
Une réminiscence, une parole nue.

C’est là, dans cet espace en la rive ténue
Que chaque cœur humain passe et paye un écot,
Souffle, regard offert en la voûte céleste
En l’ample finitude où git le moindre geste.

Je suis cet impétrant dans le jardin nocturne
Qui dédie son oracle aux orées à venir,
Cendres, restes mortels dans le sein noir d’une urne.

Dans la contemplation de la lente agonie
D’une étoile un remord semble nous parvenir,
En l’instant suspendu d’une courte harmonie.

2.
Est-il, en l’infini, un chant des particules
Pour résonner, songeur, au sein des molécules
De ce corps amoindri que l’horloge décime,
En la foulée de l’âge, en chaque brin et fibre ?

Cette vaine illusion que l’on a d’être libre,
Prométhée enchaîné à sa verbeuse cime,
Où se dissipe-t-elle, en quelle onde stellaire,
Quelle étrange battue d’un chœur corpusculaire ?

Si tout demeure et change et se perd en sa forme
Qu’en est-il de cette âme en son unicité
Est-ce la chrysalide où l’être se transforme ?

Et ce temps qui nous tient sous son obscure loi
Pareil aux murs absconds d’une vieille cité
Qui sait ce qu’en vaut l’aune et quel est son aloi ?

juillet 2015

Publié dans Le temps

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