À l’ancre ronde

Publié le par Lionel Droitecour

... Pour oublier que le temps meurt ...

... Pour oublier que le temps meurt ...

C’est la danse que j’ai perdue,
L’élan subtil au geste sûr,
Et le rythme, accordé au monde
Où s’exhalait la joie en la pure seconde.

Il ne me reste ici que la simple faconde,
Le verve nue à l’ancre ronde ;
Ainsi, porté par l’âge mûr,
La parole nous est rendue.

Et l’on dégoise ou l’on pérore,
On s’aventure, hautain, vers les rives du dire
Pour oublier que le temps meurt ;

Et puis, évitant chaque heurt,
On mesure l’espace où l’on se peut conduire,
En la sente bornée par la prochaine aurore.

janvier 2015

Publié dans Autobiographie, Le temps

Commenter cet article