Aux anciennes treilles

Publié le par Lionel Droitecour

Aux anciennes treilles

Où sont tous nos aimés disparus de la terre ?
Dans quelle ombre nocturne ou quel profond mystère ?
Dans l’instance étoilés, où sont leurs candélabres,
Ont-ils part aux échos en d’éternels palabres ?

Hélas, que sommes nous sinon que leur mémoire ?
Ils n’ont point codicille en quelque vain grimoire,
Nous sommes reposoir des antiques parfums
Dont leur âme, jadis, embaumait nos confins.

Aïeux, vous n’êtes plus, sinon qu’en mon sourire,
En mon dol quelquefois, en mes gestes souvent,
Toujours en cette berge où mon remord vient bruire.

Parfois je vous entends au rebours de mes veilles,
Mes songes migrateurs, alors, vous retrouvant,
Lacent un vers nouveau sur vos anciennes treilles.

décembre 2011

Publié dans Nostalgie

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Avisferrum 13/01/2016 13:10

Magnifique poème, cher ami, très inspirant, merci !

Ceux qui nous entourent, qu'ils soient vivants ou disparus, existent en effet dans notre conscience dialectique, qui est comme un film dont nous sommes en partie le metteur en scène.
Nous décidons qui a tel ou tel rôle, qui nous aimons, qui sont les bons ou les méchants, de quoi nous devons rire et de quoi nous devons pleurer etc.
Certes nous ne maitrisons pas entièrement le scénario, le monde extérieur (notre corps inclus) évoluant souvent indépendamment de notre volonté, il n'empêche que nous pouvons décider des effets qu'aura le film sur nous.

La souffrance par exemple, surtout psychologique, est toujours liée au refus. Lorsqu'il y a totale acceptation il ne peut y avoir de souffrance.

Il en va de même avec la disparition d'un être cher : seul le refus de "ce qui est" peut engendrer le chagrin.

Celui qui refuse ou souffre étant toujours l'égo, chacun peut chercher en lui pour découvrir s'il existe autre chose, qui ne serait pas liée au temps et à l'impermanence et de ce fait totalement au-delà de toute nostalgie ou souffrance... Mais on peut aussi décider que la vie telle que nous la connaissons est la seule réalité et en accepter les conséquences.

Les deux voies sont des voyages dignes d'être accomplis et suivent d'ailleurs souvent des voies parallèles, avant de se séparer au final vers des destinations à jamais irréconciliables.